Paris, 13 mai 1666. Louis-Isaac Lemaistre de Sacy, prêtre de Port-Royal, est arrêté et enfermé à la Bastille. Il y restera plus de deux ans. Dans sa cellule, il poursuit la traduction de l'Ancien Testament. L'année suivante, son Nouveau Testament, imprimé à Mons, se vend par milliers malgré l'interdiction. La Bible de Port-Royal, achevée en 1696, sera pendant deux siècles la Bible des lecteurs catholiques de langue française.
Au dix-neuvième siècle, les sociétés bibliques et leurs colporteurs portent le livre jusque dans les villages les plus reculés. À Genève, le pasteur Louis Segond traduit l'Ancien Testament sur l'hébreu, puis le Nouveau Testament sur le grec. Sa Bible, révisée en 1910, reste l'une des plus lues aujourd'hui. Du côté catholique, la Bible de l'abbé Augustin Crampon, achevée en 1904, rend le nom divin par Jéhovah.
Le vingtième siècle ouvre une ère nouvelle : la Bible de Jérusalem, la Traduction œcuménique, puis des versions en français courant pour les lecteurs d'aujourd'hui. En cinq siècles, l'orthographe a changé, les mots ont vieilli. Mais d'Olivétan à nos jours, le message, lui, est resté le même.