« Moïse écrivit toutes les paroles de Jéhovah. » C'est ainsi que le livre de l'Exode, au chapitre 24, décrit la naissance de l'Écriture. Selon la Bible, Moïse a consigné par écrit la loi, les récits et les étapes du voyage d'Israël dans le désert, et la tradition juive comme la tradition chrétienne lui attribuent les cinq premiers livres de la Bible : la Torah, ou Pentateuque.
Moïse, selon le récit biblique, a grandi à la cour d'Égypte. Or l'Égypte de cette époque est un monde de l'écrit : des scribes y rédigent des archives, des lettres et des hymnes, sur papyrus et sur pierre. Dans tout le Proche-Orient, l'écriture cunéiforme sert depuis des siècles à la diplomatie. Et dans les mines de turquoise du Sinaï, à Sérabit el-Khadim, des ouvriers sémites ont gravé, dès le IIᵉ millénaire avant notre ère, quelques-unes des plus anciennes inscriptions alphabétiques connues : l'ancêtre lointain de l'alphabet hébreu… et du nôtre.
Les historiens débattent de la date et de la manière dont la Torah a été rédigée. La tradition situe Moïse vers le XVᵉ siècle avant notre ère ; beaucoup de spécialistes de la critique historique pensent que le texte a été mis en forme bien plus tard, à partir de sources plus anciennes. Ce musée vous présente ces deux lectures, avec les pièces du dossier.
Car certaines pièces parlent d'elles-mêmes. Vers 1208 avant notre ère, le pharaon Merneptah fait graver sur une stèle de granit le récit de ses victoires. Parmi les peuples vaincus figure un nom : Israël. C'est la plus ancienne mention connue d'Israël en dehors de la Bible, et elle montre qu'un peuple de ce nom vivait déjà en Canaan.
D'autres rapprochements, souvent cités, sont plus fragiles : les tablettes d'Ébla, en Syrie, ou le papyrus égyptien d'Ipouer, dont les lamentations évoquent un fleuve changé en sang. Nous les exposons aussi, avec les réserves des spécialistes.
Ainsi commence notre parcours : avec un homme, des tables de pierre, et une parole mise par écrit pour être transmise. Plus de trois mille ans plus tard, elle est toujours lue.