Rome, 382. L'évêque Damase confie à un savant exigeant, Jérôme, la révision des vieilles traductions latines, devenues confuses à force de copies. Jérôme va beaucoup plus loin. Installé à Bethléem, il apprend l'hébreu auprès de maîtres juifs et traduit l'Ancien Testament directement depuis l'original : c'est ce qu'il appelle la vérité hébraïque. Son œuvre, achevée vers 405, deviendra la Vulgate, c'est-à-dire la version « répandue ». Pendant plus de mille ans, elle sera la Bible de l'Occident. Le plus ancien exemplaire complet qui nous soit parvenu, le Codex Amiatinus, a été copié en Angleterre vers l'an 700. Il pèse plus de trente kilos.
Plus à l'Est, à Édesse, aux confins de l'Empire romain, on parle le syriaque, un dialecte araméen, cousin de la langue que parlait Jésus. Dès le deuxième siècle, les Écritures hébraïques y sont traduites ; le Nouveau Testament suit. Cette version prend le nom de Peshitta, « la simple ». L'un de ses manuscrits, copié en 464 à Amid, est l'un des plus anciens manuscrits bibliques portant une date précise. Grec, latin, syriaque, mais aussi copte, gotique, arménien, guèze : en quelques siècles, la Parole a commencé à parler toutes les langues. Et d'une traduction à l'autre, le message est resté le même.