L'imprimerie se répand comme une traînée de poudre. En 1466, Strasbourg imprime une Bible en allemand ; en 1471, Venise en imprime une en italien ; en 1488, à Soncino, paraît la première Bible hébraïque complète imprimée. En 1516, à Bâle, Érasme publie le Nouveau Testament dans son grec original. Alors les traducteurs se mettent au travail. Luther à Wittenberg, Lefèvre d'Étaples en France, Olivétan à Neuchâtel, qui traduit depuis l'hébreu et le grec. En Angleterre, William Tyndale veut qu'un simple garçon de ferme connaisse les Écritures. Ses Nouveaux Testaments, imprimés sur le continent, traversent la mer cachés dans des ballots de tissu. Il paiera ce travail de sa vie, en 1536.
Cinq siècles plus tard, le mouvement ne s'est jamais arrêté. En 2026, la Bible complète existe dans plus de huit cents langues, le Nouveau Testament dans plus de mille huit cents autres, et des portions des Écritures dans plus de quatre mille langues au total. Plus de six milliards de personnes peuvent lire la Bible entière dans leur propre langue. Aujourd'hui, des équipes de traducteurs travaillent dans plus de quatre mille langues, sous un manguier, devant un ordinateur, avec des anciens du village. Le plomb de Mayence a cédé la place aux écrans, mais le but reste le même que celui des scribes, des copistes et des traducteurs d'autrefois : transmettre fidèlement la Parole.