Hiver 1946-1947. Sur les falaises qui dominent la rive nord-ouest de la mer Morte, un jeune berger bédouin de la tribu des Ta'amireh, Muhammad edh-Dhib, cherche une chèvre égarée. Il lance une pierre dans une ouverture étroite de la roche… et entend un bruit de poterie brisée. À l'intérieur : de hautes jarres d'argile. Dans l'une d'elles, des rouleaux de cuir enveloppés de lin. Sept manuscrits sortent ainsi de l'ombre, après près de deux mille ans de silence. Parmi eux, un rouleau long de plus de sept mètres : le livre entier du prophète Ésaïe.
Le 29 novembre 1947, le jour même où l'ONU vote le partage de la Palestine, le professeur Eleazar Sukenik achète trois de ces rouleaux. Les quatre autres seront acquis en 1954 par son fils, Yigael Yadin. Puis commence une véritable course aux grottes : entre 1949 et 1956, bédouins et archéologues explorent onze cavités. La grotte 4, à elle seule, livre des milliers de fragments. Au total, environ neuf cent cinquante manuscrits, dont plus de deux cent trente copies de livres bibliques. Tous les livres de la Bible hébraïque y sont représentés, à l'exception d'Esther. Pour la première fois, on pouvait tenir entre ses mains le texte de l'Écriture tel qu'on le lisait avant notre ère.